Connais-tu ce pays étrange ?

Le désert refleurit,

L’aurore se lève après la longue nuit,

L’eau vive jaillit du sol desséché,

La femme stérile enfante,

Les ossements des morts reprennent vie,

Les exilés retrouvent leur patrie,

David vient à bout de Goliath,

Le cœur de pierre se change en cœur de chair,

La tristesse en joie,

La détresse en espérance.

Ce pays de l’impossible est au cœur de ton cœur.

Pourquoi erres-tu comme un somnambule

dans la banlieue grisâtre de cette terre promise ?

Ose y pénétrer.

Mais pour ouvrir la porte qui est étroite,

N’oublie pas de te munir des clefs : la foi, l’espérance, l’amour.

Nous fêtons notre éveil, notre réveil.

Voici que se manifeste Jésus ressuscité.

Voici qu’apparaît l’homme nouveau.

A son souffle, un peuple renaît de ses cendres.

                                                                                              (Auteur anonyme in « Dieu en fêtes », 1981)

https://www.youtube.com/watch?v=aWoJT-qDmIA

 

Ct. Alleluia 34-11 :

  1. Jésus sort de la tombe, il vit, il est vainqueur.

Enfin la mort succombe Devant le seul Seigneur.

Chrétiens chantons sa gloire, Célébrons sa grandeur,

Saluons la victoire Du Christ libérateur.

  1. Devons-nous craindre encore Le sommeil du tombeau ?

Non, la mort est l’aurore D’un jour clair et nouveau.

Christ est la délivrance, Le seul consolateur,

Triomphante assurance Pour qui croit au Sauveur.

  1. Que la ferme espérance D’un éternel bonheur

Domine les souffrances, Rassure tous les cœurs ;

Et qu’à la dernière heure Jésus soit notre appui,

Car son amour demeure Et nous garde avec lui.

 

Méditation pour Pâques 2020. Lire Ev. de Matthieu 28/1 – 20.

 Confinement, maladie ou deuil d’une personne proche pour certains d’entre nous. Inquiétude pour l’avenir et les retombées humaines et sociales pour d’autres. Et là-dessus l’impossibilité de se réunir et de célébrer ensemble dans une église : comment allons-nous vivre Pâques en 2020 ?

 Les récits évoquant l’aube de la résurrection de Jésus dans les 4 évangiles sont très différents les uns des autres. Chaque évangéliste tient à mettre en évidence un aspect particulier de l’événement tel qu’il l’a reçu et compris. En ce dimanche, je vous propose de nous arrêter au récit de Matthieu qui me semble être particulièrement parlant pour la situation que nous vivons cette année. Méditons donc les étapes de ce récit :

 – Ici pas de femmes qui préparent des aromates. Elles sont venues pour « voir » et elles ne seront pas déçues !  Nous les voyons assister à quelque chose de tout à fait spectaculaire : tremblement de terre, un ange lumineux roulant une lourde pierre, des gardes terrorisés. Et une parole rassurante (et nécessaire !) « N’ayez pas peur ». Ce qui a surtout marqué les esprits : cette lourde pierre, image-même de la fermeture, du « confinement » dans la tombe qu’est là mort. Le tombeau est désormais ouvert. Celui de Jésus. Les nôtres. Dans l’antiquité, l’œuf n’était pas seulement symbole de vie, mais surtout de mort. A cause de son absence de porte… Quand nous croquons (croquerons ?) nos œufs de Pâques, nous rappelons ce miracle : de la mort peut naitre la vie. Et notre confinement actuel doit servir précisément à la préservation de la vie !

 – Envoyées, les femmes partent annoncer la grande nouvelle. Nous les imaginerions déjà proclamant partout et en particulier aux disciples ce qu’elles sont les premières à savoir : Jésus est ressuscité. Mais là aussi rien ne se passe comme prévu. Elles sont arrêtées dans leur course par une rencontre. Rien moins que Jésus lui-même ! Et la rencontre semble toute naturelle. Ici plus de peur. Juste de la reconnaissance et de l’adoration. Un autre message pour nous aujourd’hui : le Christ ressuscité, c’est finalement tout simple. C’est désormais la présence quotidienne de Jésus vivant à nos côtés. Dans nos bons et moins bons moments. Une présence à accueillir  dans l’adoration et la reconnaissance.

 – On trouve alors une précision concernant les gardes qui ont donc eu peur devant l’apparition spectaculaire, et à qui maintenant on demande un faux témoignage ! Le récit dont nous disposons laisse à penser que pour ces gardes ce faux témoignage n’a pas été possible. Comment se taire ou mentir après avoir vécu un tel moment ? Indépendamment de leur volonté, les gardes deviennent de vrais témoins. Et ont certainement raconté… la vérité ! Aujourd’hui face aux nouvelles de toutes sortes concernant le virus il nous est rappelé que rien ne peut arrêter les messages d’espoir et de vie qui finissent par prendre le dessus. Comme les pousses sous terre, cela prend parfois du temps, mais c’est comme ça. Invitation à ne jamais nous laisser submerger par les pronostics les plus déprimants et négatifs. Et croire qu’avec de la confiance et de la solidarité, du soin, la vie finit par gagner. Toujours.

 – La fin du récit n’est pas lue généralement le jour de Pâques, mais il est intéressant de le lire une fois dans le prolongement de l’événement de la résurrection : Jésus est avec ses disciples sur la colline (ou montagne). La montagne dans la Bible est souvent le lieu de rencontres, apparitions ou paroles exceptionnelles. Là Jésus ressuscité exprime comme un testament avant de quitter le monde terrestre : promesse, envoi, universalité :

 Promesse : toujours avec vous.

 Envoi : faites connaître mon message.

 Universalité : je serai là pour tous.

 La pandémie touche le monde entier. Des personnes de toutes cultures, toutes religions, des hommes, des femmes, des enfants, des familles. Des riches et des pauvres. Elle nous rappelle notre commune fragilité au-delà de nos différences. Et le message du Christ vivant ouvrant à une vie plus forte que la mort est au-delà des ces différences, des diverses croyances ou modes de vie. La fin de ce récit ne cherche pas à récupérer tout le monde dans le giron des Eglises. Il cherche plutôt à rappeler à quel point le message d’amour et de vie est universel et fait fi de nos étroitesses et jugements.

 Oui nous vivons un dimanche de Pâques particulier. Retenus dans nos appartements et maisons, mais le cœur et l’esprit ouverts à Dieu et aux autres. Vivons et partageons la joie de nous savoir tous aimés et promis à une vie en abondance.

 Amen